Identité

Marie Joseph Maurice Eugène Hellis, dit Maurice Noverre.

 

Date de naissance :
30 novembre 1881
Lieu de naissance :
Rouen (France)


Date de décès :

inconnue
Lieu du décès :

inconnu (Portugal ?)

 

Formation et Carrière

Maurice Noverre a travaillé pour la revue Cinéopse de Jean-Michel Coissac pendant un an (février 1923-janvier 1924) avant de fonder la revue Le nouvel art cinématographique (juin 1925 - avril 1930), dont le titre reprend une série d'articles écrite pour Cinéopse. La parution est irrégulière puis trimestrielle. Maurice Noverre en est à la fois le directeur, le gestionnaire et le rédacteur. Il est membre de l'A.P.P.C. (Association Professionnelle de la Presse Cinématographique) à partir de mai 1923 (1923-1927).

Trajectoire Scientifique

Ancien avocat spécialisé dans le cinéma des origines, Maurice Noverre est considéré par certains (dont l'historien Jacques Deslandes), comme le premier historien du cinéma français. Il se fait le défenseur des oubliés, des inventeurs plagiés et dépossédés de leurs œuvres, et les titres de ses articles commencent souvent par la formule : « la vérité sur », suivi d'un article paru dans la presse qu'il réfute à l'aide de documents (des brevets par exemple). Ses prises de parti, ses enquêtes faites pour révéler l'histoire du cinéma et son goût pour la polémique influencent certains historiens comme Jacques Deslandes, Léo Sauvage et Merritt Crawford.

Maurice Noverre a permis de redécouvrir le travail de précurseurs et d'inventeurs éclipsés par le succès des frères Lumière. Ce refus de la conception d'une naissance du cinéma univoque provoque de nombreuses controverses, notamment avec Georges-Michel Coissac. Il a écrit la première biographie sur Émile Reynaud après la mort de celui-ci, en 1918 alors que son rôle n'était pas encore reconnu par les historiens. Il utilise des témoignages sur la vie du créateur et des informations précises sur le contexte historique dans lequel il a travaillé. Il met en lumière sa place dans l'invention de la projection animée, victime de la contrefaçon et mort dans le dénuement. Maurice Noverre souligne aussi la place d'Étienne-Jules Marey, ainsi que celle de Raoul Grimoin-Sanson et publie de nombreux articles sur son œuvre en 1923-1924. Henry Joly, qui a été l'associé de Charles Pathé, fait aussi partie de la liste des « retrouvés » par Maurice Noverre, en 1930. Selon Maurice Noverre, qui est très virulent sur le sujet, Charles Pathé aurait dépossédé celui-ci de son invention et l'aurait ruiné. Il publie ses sources dans Le nouvel art cinématographique et, pour accompagner ses propos, le texte intégral du brevet « pour un mouvement synchronique de rotation de deux mobiles applicables aux appareils cinématographiques et phonographiques combinés » qui paraît dans la revue en janvier 1930. Enfin, Maurice Noverre est historien de Georges Méliès, avec qui il a entretenu une longue correspondance conservée à la Cinémathèque française. Il est le premier à décrire très précisément l'agencement de ses premiers studios et a produit un ensemble de textes essentiel sur le cinéaste. Il est aussi un des organisateurs du « Gala Méliès » du 16 décembre 1929, événement important pour la redécouverte des films du réalisateur.

Maurice Noverre se caractérise par ses goûts très classiques en matière de cinéma, rejetant les recherches formelles de l'avant-garde - il qualifie notamment le Chien Andalou de « tableau répugnant absurde ». Bien que très important pour l'historiographie des origines du cinéma, le rôle de Maurice Noverre est peu reconnu dans les écrits ultérieurs, peut être parce qu'il s'est souvent montré partial pendant ses combats forcenés pour la reconnaissance de ses oubliés du cinéma. En effet, en bon avocat, il n'a jamais hésité à embellir les réussites de ses protégés et à mettre avant tout son art de la rhétorique au service des créateurs.

Autres activités

Membre de la Société Française de Photographie à partir de juillet 1923, et du photo-club rouennais.

En parallèle de son activité d'historien, Maurice Noverre mène des recherches théoriques sur de nouvelles méthodes de synchronisation entre la musique et l'image. Admiratif de la perfection artistique de la Grèce antique, il élabore au début des années 1920 un projet d'adaptation cinématographique du langage des mimes antiques, Septumia.

Bibliographie

Ouvrages et contributions :

Septumia, légende-mime... Notice sur le synchronisme cinématique de M. Delacommune, co-écrit par Delacommune, A. Mollat, Bordeaux, 1923.

La Vérité sur l'Invention de la Projection animée, Émile Reynaud : sa vie et ses travaux, lettre-préface de Victor Collignon, Brest, 1926.

Le nouvel art cinématographique. Le créateur de la projection animée, Emile Reynaud, 1844-1918, n.d.

 

Articles :
« Le créateur de la projection animée », Le Nouvel Art cinématographique, n°3, mercredi 7 avril 1926.
« La vérité sur l'invention de la projection animée - Émile Reynaud, sa vie et ses travaux », Le Nouvel Art cinématographique, n° 4, 1926.
Le Nouvel Art cinématographique, numéro intitulé : « La vérité sur l'invention de la projection animée », n°5, mercredi 9 mars 1927.
« La vérité sur l'invention de la projection chronophotographique », Le Nouvel Art cinématographique, n°6, jeudi 8 septembre 1927.
« La vérité sur l'Organisation du Musée du Cinéma au Conservatoire National des Arts et Métiers de Paris », Le Nouvel Art cinématographique, n°7, samedi 1er octobre 1927.
« Prolégomènes du tract 8 (suite) », Le Nouvel Art cinématographique, samedi 26 novembre 1927.
« Prolégomènes du tract 8 (fin) », Le Nouvel Art cinématographique, samedi 26 novembre 1927.
« Réédition du tract VI. La vérité toute nue, du jeudi 8 septembre 1927 », Le Nouvel Art cinématographique, n°1 (2e série), 15 novembre 1928.
Le Nouvel Art cinématographique, numéro intitulé : « La vérité sur l'invention de la cinématographie », n°2 (2e série), avril 1929.
« Histoire du premier studio », Le Nouvel Art cinématographique, n°3 (2e série), juillet 1929, publié dans Georges Sadoul, Lumière et Méliès, Paris, Lherminier, 1985, pp. 241-245 cote : 50.02 SAD l
Le Nouvel Art cinématographique, numéro intitulé : « La vérité sur l'invention du Spectacle théâtral cinématographique. 1ère étude », n°3 (2e série), juillet 1929.
Le Nouvel Art cinématographique, numéro intitulé : « La vérité sur l'invention du Spectacle théâtral cinématographique. 2e étude », n°4 (2e série), octobre 1929.
« L'œuvre de Georges Méliès : étude rétrospective sur la première entreprise industrielle de cinématographie théâtrale (1896-1914) », Le Nouvel Art cinématographique, n°4 (2e série), octobre 1929.
« La résurrection de l'œuvre d'Henry Joly », Le Nouvel Art cinématographique, n°4 (2e série), octobre 1929, pp. 47-49.
Le Nouvel Art cinématographique, numéro intitulé : « La vérité sur l'invention du film photophone. Hanri Joly (1905) - Eugène Lauste (1906) », n°5 (2e série), janvier 1930.
« Le synchronisme Joly », Le Nouvel Art cinématographique, n°5 (2e série), janvier 1930, pp. 51-62.
« La vérité sur l'initiation cinématographique de M. Charles Pathé », Le Nouvel Art cinématographique, n°5 (2e série), janvier 1930.
« Le gala Méliès », Le Nouvel Art cinématographique, n°5 (2e série), janvier 1930.
« Après le gala Méliès », Le Nouvel Art cinématographique, n°6 (2e série), avril 1930.

 

Sur Maurice Noverre :
Jacques Deslandes, Histoire comparée du cinéma, T. I, 1966, « De la Cinémathèque au cinématographe », Casterman, 1966 cote : 10 DES H
Jacques Richard, Jacques Deslandes, Histoire comparée du cinéma, T. II, « Du cinématographe au cinéma, 1896-1906 », Casterman, 1968 cote : 10 DES h
Jacques Malthête, Michel Marie (dir.), Georges Méliès, l'illusionniste fin de siècle ?, actes du colloque de Cerisy-la-Salle, 13-22 août 1996, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, Colloque de Cerisy, 1997.
Laurent Guido, L' âge du rythme : cinéma, musicalité et culture du corps dans les théories françaises des années 1910-1930, Lausanne, Payot Lausanne, 2007 cote : 22 GUI a
Jacques Malthête, Laurent Mannoni, L' œuvre de Georges Méliès, Paris, Éd. de La Martinière, La Cinémathèque française, 2008 cote : 51 MELIE MAL