Identité

Vit à Paris.

Formation et Carrière

La formation de Nicole Brenez commence au lycée expérimental de Sèvres, au lycée Louis-le-Grand puis au lycée Henri-IV. Elle est ensuite élève de l'École Normale Supérieure de Saint-Cloud puis obtient son agrégation de Lettres modernes. Sa thèse sur Le Mépris, soutenue en 1989 à l'École des hautes études en sciences sociales, est dirigée par Hubert Damisch. Elle devient ensuite Maître de conférences en études cinématographiques à Paris I puis, en 2010, Professeur à l'Université Paris 3 - Sorbonne Nouvelle. Enfin, Nicole Brenez obtient en 2004 l'habilitation à diriger des recherches avec un exposé intitulé Cinéma et théorie immanente, un retour historique sur sa méthode analytique. En 1986, elle fonde et dirige la revue Admiranda (Cahiers d'analyse du Film et de l'Image), revue universitaire consacrée à l'analyse filmique (1986-1996), puis dirige la collection Macula-cinéma. Elle contribue ensuite régulièrement aux revues Trafic, Rouge, Cinémathèque, Simulacres et écrit fréquemment des chroniques pour les Cahiers du cinéma. Nicole Brenez participe à plusieurs groupes de critiques, elle fonde avec Jonathan Rosenbaum IN EXCSS (International Experimental Cinema Saving Society) et participe à la FLFC (Frankfurt Lodge in Film Critism), avec Hugo Salas et Stratis Vouyoucas.

Trajectoire Scientifique

Nicole Brenez, historienne, théoricienne et critique de cinéma mène un travail de découverte de films laissés dans l'ombre, de réappréhension de corpus mal informés et de soutien au jeune cinéma. Ses articles, ouvrages et conférences sont consacrés à des champs cinématographiques divers : le cinéma des origines, les auteurs sacrés par l'histoire du cinéma (Jean-Luc Godard), les cinéastes indépendants (Abel Ferrara) ou expérimentaux (Philippe Grandrieux), mais aussi à des films d'horreur ou d'action. Tout film trouve un intérêt à ses yeux à partir du moment où il questionne son mode de figuration. La problématique du corps au cinéma et la méthode figurative sont nées en 1989 dans sa thèse intitulée Autour du « Mépris » : deux problèmes cinématographiques rapportés à l'invention figurative et solutions filmiques. Le corps filmique n'est plus assujetti à la mimesis mais est conçu comme une figure reconstituée par le cinéma. Nicole Brenez explique sa méthode dans l'introduction à l'ouvrage De la figure en général et du corps en particulier (1998), conçue en forme de lettre au critique Tag Gallagher. Elle présente en quatre points les principes de l'analyse figurative. Tout d'abord, l'étude formelle du film prime sur son contexte historique et géographique. Ensuite, chaque composant d'une image pose une question au cinéma, et doit être étudié en relation avec les autres éléments de l'image. Enfin, les instruments analytiques doivent se dégager des films eux-mêmes.

En recherchant les racines de la pensée du cinéma à l'intérieur des films, Nicole Brenez ré-ouvre de nombreux corpus peu ou mal appréhendés jusqu'alors, notamment dans le domaine des cinémas d'avant-gardes et expérimentaux. L'« avant-garde » ne se limite pas à un lieu de diffusion, un genre ou un mode de production, mais est un questionnement de la pratique qui passe par toutes les formes cinématographiques. Dans son ouvrage de 2007, Cinémas d'avant-garde, elle présente les champs d'exploration de l'avant-garde qu'elle nomme des « chantiers », qui sont des lieux d'expression du cinéma (dispositif, industrie, formes narratives, description, luttes politiques, etc.) que ce cinéma déploie et révolutionne.

Ce principe théorique de découverte et de redécouverte permanentes de films implique une autre dimension de son travail : une action patrimoniale concrète, visant à retrouver, soigner, exploiter, repenser des films encore inconnus ou invisibles. Elle reçoit d'ailleurs le « Year 2000 Film Preservation » de l'Anthology Film Archive à New York pour la rétrospective Jeune, dure et pure. Une histoire du cinéma expérimental et d'avant-garde en France, accompagnée d'une anthologie importante des textes qui ont fait son histoire.

Autres activités

Le travail de programmatrice de Nicole Brenez répond à sa pratique de la théorie du cinéma, c'est-à-dire créer des situations et des associations générées par les films eux-mêmes dont l'analyste est le révélateur. Nicole Brenez programme les séances de cinéma d'avant-garde à la Cinémathèque française depuis 1996. Elle est à l'origine de nombreuses rétrospectives comme « Jeune, dure et pure, une histoire du cinéma d'avant-garde en France » à la Cinémathèque en 2000, « Immarcescible cinéma » avec le Studio 24 (Aix-en-Provence, 1989), « L'inavouable. L'image selon Jean-Luc Godard » avec Extérieur nuit (Marseille, 1991), et des cycles à Buenos Aires, Rio de Janeiro, New York, Tokyo, Vienne, Londres ou Madrid.

Elle est aussi chroniqueuse pour l'émission Court-circuit de Luc Lagier sur Arte, où elle montre les œuvres méconnues de Étant Donnés, Ronald Nameth, les Groupes Medvedkine, Peter Emanuel Goldman, Patrice Kirchhofer.

Bibliographie

Ouvrages écrits par Nicole Brenez :

 

Autour du « Mépris » : deux problèmes cinématographiques rapportés à l'invention figurative et solutions filmiques, Lille, ANRT, 1989

Shadows de John Cassavetes : étude critique, Paris, Nathan, « Synopsis », 1995, 128 p. cote : 42 CASSA SHA BRE

De la figure en général et du corps en particulier. L'invention figurative au cinéma, Paris, Bruxelles, De Boeck Université, « Arts et cinéma », 1998, 468 p. cote : 22 BRE d

Traitement du Lupemprolétariat par le cinéma d'avant-garde, Biarritz, Séguier, coll. « Carré ciné », 2007, 97 p. 31.05 BRE t

Cinémas d'avant-garde, Paris, Cahiers du cinéma, CEREN-CNDP, coll. « Les Petits Cahiers », 2007, 95 p. cote : 31.05 BRE c

Abel Ferrara. Le Mal mais sans fleurs, Paris, Cahiers du cinéma, 2008, 190 p. cote : 51 FERRA BRE


Articles écrits par Nicole Brenez (sélection) :

 

« Le film abymé, Jean-Luc Godard et les philosophies byzantines de l'image », Études cinématographiques, n°194-202, 1993, pp. 135-164.

« Symptome, exhibition, angoisse - la représentation de la terreur dans l'œuvre allemande de Fritz Lang (1919-1933/ 1959-1960 », Cinémathèque, n°3, printemps- été 1993, pp. 6-19.

« Une économie du geste. Sur les Fioretti de Roberto Rossellini », Cahiers philosophiques, n°62, CNDP, mars 1995.

« Approche inhabituelle des corps », Positif, n°430, décembre 1996, p. 88.

« L'acteur en citoyen affectif. Prenez garde à la sainte putain de Rainer Werner Fassbinder », Cinémathèque, n°9, printemps 1996, pp. 84-103.

« Acting (1) : poétique du jeu au cinéma », Cinémathèque, n°11, printemps 1997, pp. 24-38.

« Acting (2) : rêves de corps : Lon Chaney, thesaurus anatomicus », Cinémathèque, n°13, printemps 1998, pp. 8-22.

« La seule chose à faire c'était de prendre parti au moyen de l'image », écrit avec Bernard Bénoliel, Cahiers du cinéma, n°561, octobre 2001, pp. 12-13.

« Montage intertextuel et formes contemporaines du remploi dans le cinéma expérimental », Cinémas, automne 2002, vol. XIII, pp. 49-68.

« Abel Ferrara versus XXe siècle : une passion critique », Trafic, n°43, automne 2002, pp. 47-59.

« T. W. Adorno, le cinéma malgré lui, le cinéma malgré tout », Trafic, n° 50, mai 2004, pp. 278-294.

« Jean-Luc Godard, Witz et invention formelle (notes préparatoires sur les rapports en critique et pouvoir symbolique », Cinémas, printemps 2005, pp. 15-44.

« La percée : pour une histoire du cinéma insubordonnée », Vertigo, n°32, 2007, p. 94.

« For an insubordinate (or rebellious) history of cinema », Framework, été-automne 2009.

« Liberté, fraternité, prodigialité », Cahiers du cinéma, n°657, juin 2010, pp. 26-27.

 

Contributions et directions d'ouvrages :


Jean-Luc Godard 2, au-delà de l'image, présenté par Marc Cerisuelo, Paris, Lettres modernes, 1993, 185 p.
Poétique de la couleur : anthologie, co. dir. Miles McKane, Paris, Auditorium du Louvre, Institut de l'image, 1995, 172 p. cote : 22BRE p
« Couleur critique. Expériences chromatiques dans le cinéma contemporain », La Couleur en cinéma, Jacques Aumont (dir.), Paris, Cinémathèque française, 1995, pp. 156-176 cote : 22 AUM c
« Pourquoi faut-il tuer les morts ? », L'Invention de la figure humaine, Paris, Cinémathèque française, 1995, pp. 224-226 cote : 20 AUM i
Jeune, dure et pure ! Une histoire du cinéma d'avant-garde et expérimental en France, co. dir. Christian Lebrat, Paris, Cinémathèque française, Milan, Mazzotta, 2001, 591 p. 31.05 BRE j
La Vie nouvelle/ nouvelle Vision : à propos d'un film de Philippe Grandrieux, Paris, Léo Scheer, 2005, 234 p. cote : 42 GRANDr VIE BRE
Cinéma/ politique, série 1 : trois tables rondes, co. dir. Édouard Arnoldy, Bruxelles, Labor, 2005, 117 p. cote : 26 BRE c
Jean-Luc Godard : Documents [cat. expo. Paris, Centre Georges Pompidou, 11 mai- 14 août 2006], Paris, Éditions du Centre Georges Pompidou, 2006, 447 p. 51 GODAR BRE
Jean Epstein. Bonjour Cinéma und andere Schriften zum Kino, Vienne, Österreichisches Filmmuseum, coll. « FilmmuseumSynemaPublikationen », 2008, 158 p. cote : 51 EPSTE EPS
Images des corps-corps des images au cinéma, dir. Jérôme Game, Lyon, ENS éd., 2010, 252 p.
Le cinéma critique : de l'argentique au numérique, voies et formes de l'objection visuelle, co. dir. Bidhan Jacobs, Paris, Publications de la Sorbonne, 2010, 267 p. cote : 31.05 BRE c

 

Articles sur Nicole Brenez :


Adrian Martin, « Ultimatum : an introduction to the work of Nicole Brenez », 22 décembre 1997, http://www.latrobe.edu.au/screeningthepast/reruns/brenezintro.html, consulté le 16/03/2011
Cyril Beghin, « Quelques séjours dans le négatif », Cahiers du cinéma, n°134, mai 2008, p. 68.
« Nicole Brenez » sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicole_Brenez, consulté le 11/ 04/2011
Michèle Lagny, « "Shadows" de Nicole Brenez », Cinémathèque, n°11, printemps 1997, pp. 128-130.

 

Rencontre avec Nicole Brenez :


Stéphane Bouquet, « Le cinéma n'est pas fatalement voué à son usage dominant », Cahiers du cinéma, n°25, hors-série « Aux frontères du cinéma », avril 2000, pp. 80-86.